photo : Jérôme Manoukian  
       
Pourquoi fouiller un jardin ?
Il a fallu attendre les années 1980 pour que les parcs et jardins soient reconnus et étudiés comme des objets patrimoniaux à part entière, et soient protégés par une charte internationale (Charte de Florence, 1981). On parle très justement de « monuments vivants ».

Soumis à la variabilité des goûts et à l’évolution des techniques, ceux-ci nous renseignent sur les sociétés qui les ont produits, au même titre que n'importe quel autre édifice ou objet historique. Or, il est maintenant établi que le sous-sol d'un jardin conserve l'empreinte des interventions paysagères qui ont jalonné son histoire. Ainsi, les parcs et jardins, en tant que constructions humaines, se révèlent être des objets d'étude pour l'archéologie.

Au-delà de la contribution à l’histoire de l’art des jardins et à l’histoire des techniques, l’expertise archéologique peut aujourd’hui fournir des données opérationnelles aux architectes et paysagistes en charge de la conservation et de la restauration de ce patrimoine fragile, mais ô combien révélateur du rapport qu’une société ou une personne entretient avec la Nature.


La démarche
Issu de l’alliance du végétal et du minéral, le jardin est un morceau de paysage idéalisé procédant d’un subtil équilibre entre Nature et Culture. Son étude archéologique, en s'appuyant sur des disciplines environnementales (pédologie, géomorphologie, micromorphologie, hydrogéologie, palynologie...), s'inspire beaucoup des principes et des méthodes de l’archéologie du paysage, mais requiert également des connaissances élargies en histoire des jardins et en histoire des techniques.

Sur le terrain, plusieurs techniques d’investigation sont envisageables et se complètent : prospections géophysiques, sondages, décapages. Celles-ci font toujours suite à une analyse approfondie de la documentation historique (traités de jardin, plans anciens, sources d’archives), préalable indispensable à toute étude de jardin.

L’analyse archéologique consiste ensuite à confronter cette documentation aux archives du sol. Dans le cas d’une fouille, chaque couche correspond à un événement vécu par le jardin. Il appartient à l’archéologue de décrypter cet événement à la fois dans le temps et dans l’espace, et de retracer l’évolution de la composition paysagère depuis l’époque de sa création jusqu’à nos jours.


Exemple du parc de Méréville : ICI